Avant-première rentrée littéraire

La rentrée littéraire arrive à grands pas ... Découvrez-en ici un petit avant-goût, sélectionné et commenté pour vous. Les ouvrages seront bientôt disponibles à la médiathèque, vous pouvez dès maintenant les réserver.

Théa
24 août 2016

Les mots entre mes mains

Guinevere Glasfurd
Préludes

« Les mots entre mes mains », c’est l’histoire d’Helena, jeune servante hollandaise au 17e siècle. Helena est une jeune femme courageuse, indépendante et obstinée, qui a appris à lire et à écrire seule, et qui rêve d’un destin meilleur. Au service d’un libraire d’Amsterdam, elle rencontre le philosophe René Descartes. Naît alors entre eux une relation puis une histoire d’amour hors normes. A travers cette plongée dans l’Amsterdam du 17e siècle, on retrouve le charme suranné et délicat d’un tableau de Vermeer, avec la lumière froide de la Hollande comme parfaite toile de fond de cette histoire d’amour toute en nuances et en non-dits. On découvre aussi Descartes sous un nouveau jour, plus humain, plus complexe. Un roman passionnant, tout en finesse, sur un amour interdit, sur une époque, avec des personnages forts et pleins d’humanité.


Felix Funicello et le miracle des nichons

Wally Lamb (1950-....)
Belfond

"Felix Funicello et le miracle des nichons", c'est l'histoire d'un petit garçon de dix ans dans l'Amérique des années 60. Un petit garçon espiègle et naïf, qui grandit entre maladresses, bêtises enfantines, et prémices de l'adolescence, avec ses petites rébellions et ses premiers émois. On replonge avec Felix dans notre propre enfance : les chamailleries de cour d'école, les amitiés ou jalousies entre élèves, les rapports avec les professeurs , mais aussi la vie de famille et son lot de petits et grands bonheurs et tracas. Une vraie bouffée d'enfance et d'insouciance, drôle et tendre à la fois, un plaisir régressif qui se déguste comme un "coca mortel" !


Je m'appelle Leon

Kit De Waal
Kero

« Je m’appelle Leon », c’est l’histoire de Leon, petit métis de « 8 ans ¾ ». Leon vient d’avoir un petit frère, Jake, mais sa maman ne s’occupe pas très bien d’eux. Ils sont donc placés dans une famille d’accueil, dans laquelle Leon se retrouve rapidement seul après que Jake ait été adopté. Mais Leon ne comprend pas pourquoi il ne peut plus voir son frère, ni sa mère, et cherche un moyen de les rejoindre avec son nouveau vélo rouge. Le regard à la fois candide et lucide de Leon met en lumière les travers et défaillances du monde des adultes, leurs bassesses et leurs petites hypocrisies. Une histoire tendre et bouleversante, dans un style simple et enfantin qui transcrit bien les pensées de ce petit garçon de « 8 ans ¾ ».


L'enfant qui mesurait le monde : roman

Metin Arditi (1945-....)
Bernard Grasset

"L'enfant qui mesurait le monde", c'est avant tout l'histoire de trois solitudes. Celle de Yannis, l'enfant autiste qui se réfugie dans les chiffres pour calmer ses angoisses, celle de sa mère, Maraki, qui l'élève seule et s'épuise à la pêche pour les faire vivre, et celle d'Eliot, architecte new-yorkais qui s'est retiré du monde depuis la mort de sa fille. Le tout avec en toile de fond les magnifiques paysages baignés de lumière de la Grèce, et en fil rouge la métaphore d'un "monde qui change". La vie des personnages est en effet bouleversée par un projet immobilier monumental, qui voit s'affronter les défenseurs de l'héritage culturel grec et les partisans d'un renouveau économique à marche forcée, et qui oblige chacun à se positionner, mais aussi à s'interroger sur le sens qu'il veut donner à sa vie. Et c'est dans ce contexte que Yannis, Maraki et Eliot, ces trois êtres fragiles et malmenés par la vie, vont se découvrir, se rapprocher, s'apprivoiser, pour devenir ensemble plus forts. Une écriture délicate, toute en finesse et en sensibilité, pour une histoire touchante et pleine de douceur.

Ecoutez Metin Arditi vous présenter "L'enfant qui mesurait le monde".


La tentation d'être heureux

Lorenzo Marone
Belfond

« La tentation d’être heureux », c’est l’histoire de Cesare, veuf napolitain de 77 ans. Loin d’être un papy gâteau, Cesare se définit lui-même comme « cynique et bourru ». Ses relations avec ses enfants sont distantes et/ou compliquées, et s’occuper de son petit-fils est pour lui une véritable corvée ; il tyrannise les chauffeurs de taxi en se faisant passer pour un général à la retraite. Bref, Cesare a tout du vieillard acariâtre et égoïste. Jusqu’au jour où il se prend d’amitié pour sa jeune voisine lorsqu’il soupçonne que son mari la bat. Il se rend compte alors à quel point être attentif aux personnes qui l’entourent le rend plus heureux et lui permet de se sentir plus vivant, et décide de donner une chance à la vie. Une histoire bien écrite, pleine d’humanité, tantôt drôle tantôt émouvante, avec des personnages hauts en couleur mais attachants.

Ecoutez Lorenzo Marone vous présenter "La tentation d'être heureux".


Beaux rivages : roman

Nina Bouraoui (1967-....)
JC Lattès

"Beaux rivages", c'est en quelque sorte l'autopsie d'une rupture. A., la narratrice, est quittée par Adrian. Elle commence alors à analyser et disséquer leur histoire d'amour pour comprendre ce qui a conduit à la rupture, si elle était prévisible, et pourquoi, alors, elle n'en a pas vu les signes précurseurs. Elle se questionne, se tourmente, ne mange et ne dort quasiment plus. Mais elle doit se faire une raison : le couple est mort. Elle commence ainsi un véritable processus de deuil, à travers un tourbillon de sentiments entremêlés : déni, tristesse, colère, jalousie. Une description presque ethnographique de la rupture et de ses conséquences.

Ecoutez Nina Bouraoui vous présenter "Beaux rivages".


Police : roman

Hugo Boris (1979-....)
Bernard Grasset

"Police" de Hugo Boris, c'est d'abord l'histoire de Virginie, officier de police, mariée et mère d'un enfant en bas âge. Virginie apparaît au premier abord comme spectatrice de sa vie, entre un couple qui ne la satisfait plus vraiment, et son métier, au sujet duquel elle a perdu ses illusions, baignée dans un quotidien de violence et de misère humaine. Jusqu'au jour où son équipe et elle doivent accompagner un migrant reconduit à la frontière, et où leurs certitudes volent en éclats. Un huis clos centré sur les doutes des personnages, et leurs différentes façons de réagir à cette situation, et qui pose la question à chacun de nous : et vous, qu'auriez-vous fait ?

Ecoutez Hugo Boris vous présenter "Police".


La soledad

Natalio Grueso
Presses de la Cité

« La soledad », c’est l’histoire de Bruno Labastide, vieux baroudeur un peu escroc qui a posé ses valises à Venise après une vie passée à voyager à travers le monde. C’est aussi l’histoire de Keiko, jeune et belle japonaise, qui répare les injustices du monde en offrant ses faveurs à celui qui parvient à la séduire grâce à un poème ou un beau texte. C’est aussi et surtout la rencontre de ces deux solitudes, très différentes mais dans le fond très semblables, à travers le camaïeu de textes qui s’y entremêlent. Une histoire surprenante par sa forme, une variation poétique autour du thème de la solitude.

Découvrez les premières pages de "La soledad".


Voici venir les rêveurs

Imbolo Mbue
Belfond

« Voici venir les rêveurs », c’est l’histoire de Jende, jeune camerounais immigré aux Etats-Unis avec sa femme Neni et son fils Liomi. Jende est travailleur et ambitieux, et obsédé par l’idée de devenir quelqu’un dans ce pays où tout lui semble possible. Un jour, en 2007, il devient le chauffeur d’un riche financier de Wall Street. Neni et lui découvrent alors avec fascination mais aussi appréhension l’univers de M. et Mme Edwards, ce couple aisé dont ils partagent le quotidien mais dont ils se sentent malgré tout si éloignés. Pourtant, loin de la carte postale idyllique, la vie des Edwards, en cette année 2008, vire au cauchemar après la crise des subprimes, et leur famille est prise dans la tourmente, ce qui ne sera pas sans conséquences sur Jende et Neni. Un jeune couple sympathique et attachant, au cœur d’une histoire passionnante mais édifiante autour de la notion de réussite, et du mythe du « rêve américain », battu en brèche sur fond de crise économique et financière.


Aux petits mots les grands remèdes

Michaël Uras (1977-....)
Préludes

« Aux petits mots les grands remèdes », c’est l’histoire d’Alex, bibliothérapeute, qui aide ses patients à reprendre leur vie en main grâce aux livres qu’il leur conseille. Alex est un vrai passionné de littérature, au point que celle-ci prend parfois un peu trop de place dans sa vie, au détriment notamment de sa vie de couple. Jusqu’au jour où sa compagne le quitte, et où il commence à s’interroger sur les priorités à donner à sa vie. Un livre qui fait aimer la littérature, et qui prouve que les classiques sont intemporels et peuvent nous aider à comprendre notre vie et à trouver des réponses à nos problèmes quotidiens. Une histoire bien écrite, touchante, plein de tendresse et de délicatesse. 


Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer : roman

Agnès Michaux (1968-....)
Belfond

« Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer », c’est l’histoire de Samuel Cramer, un écrivain, à l’aube d’une journée importante pour lui : il assiste le soir à la remise d’un prix littéraire pour lequel il est nominé. Malheureusement, cette journée ne commence pas sous les meilleurs auspices pour lui : sa compagne, sa muse, lui annonce qu’elle le quitte. Il erre alors dans Paris, rencontre des proches, qui lui annoncent tous des nouvelles plus mauvaises les unes que les autres, jusqu’à cette soirée de remise de prix qui tourne au désastre. Samuel Cramer, désabusé, porte un regard très acéré sur la société, sur ses semblables, lors de cette journée qui mêle étroitement le tragique et l’ironique. Une histoire caustique, très bien écrite et agréable à lire, même si elle laisse un arrière-goût amer.

Ecoutez Agnès Michaux dans cet entretien au sujet de "Journée exceptionnelle du déclin de Samuel Cramer".


La trêve : roman

Saïdeh Pakravan
Belfond

« La trêve », c’est l’histoire de ce jour où les Etats-Unis se réveillent en découvrant que la mort, les crimes, les accidents n’existent plus. On assiste ainsi à une succession de scènes avec des personnages en situation de commettre ou de subir des violences, qui n’auront finalement pas lieu. C’est en fait très déroutant, car même s’il n’y a pas de passage à l’acte, la violence est là, omniprésente, en filigrane. On voit se dérouler les mécanismes de la violence, on suit les méandres de l’âme humaine dans toute sa noirceur, et le lecteur est pris au jeu de ces montagnes russes émotionnelles : angoisse (va-t-il/elle le faire ?), puis soulagement, puis de nouveau angoisse avec la scène suivante. Une histoire captivante, avec une analyse très intéressante mais assez perturbante de la violence humaine.

Ecoutez Saïdeh Pakravan dans cet entretien au sujet de "La trêve".